7 valeurs pour y parvenir (Numéro 3 : l’humilité)

Nous avons vu dans les articles précédents de la série les valeurs pour apprendre le Coran, la sincérité et la patience. Aujourd’hui nous allons aborder une valeur essentielle, qui peut-être étroitement liée à la sincérité. Il s’agit de l’humilité.

Définition :

Le mot humilité est généralement considéré comme un trait de caractère d’un individu qui se voit de façon réaliste. L’humilité s’oppose à toutes les visions déformées qui peuvent être perçues de soi-même (orgueil, égocentrisme, narcissisme, dégoût de soi). L’humilité n’est pas une qualité innée chez les êtres humains ; il est communément considéré qu’elle s’acquiert avec le temps, le vécu et qu’elle va de pair avec une maturité affective ou spirituelle. Elle s’apparente à une prise de conscience de sa condition et de sa place au milieu des autres et de l’univers. Voici les différentes dimensions de l’humilité que nous devons développer si nous envisageons d’apprendre le Coran.

Vis-à-vis du message et donc vis-à-vis de soi

Lorsque vous entamez votre épopée à travers les pages du Coran, vous pénétrez dans une zone sacrée qui n’est autre que le message d’Allah pour l’humanité… Pour saisir la portée de celui-ci il faut revenir à une traduction littérale du terme ayat que l’on traduit faussement par verset, retirant ainsi tout le caractère sacré et divin qu’implique la notion de ayat. Une ayat, si l’on admet une traduction sur le plan du sens terminologique, est un signe. Et dans le Coran c’est :

Un signe de la part d’Allah destiné à l’humanité pour que chaque être y trouve son chemin le menant à reconnaitre Son Seigneur et à Lui vouer un culte exclusif.

Comme vous pourrez le découvrir dans cet article chaque ayat peut être rangée selon une de ces 5 catégories tendant à connaître davantage qui est Allah. Le Coran est dhikr, rappel. Et donc la lecture et l’apprentissage du Coran, constituent la traversée de tous ces rappels

Rappelle car le rappel profite aux croyants Sourate Dhariyat 51
Rappelle car le rappel profite aux croyants Sourate Dhariyat 51

Assurément, nous ne sommes pas des êtres parfaits, nous sommes loin de ce qu’Allah (swt) exige de nous. Nous devons donc nous montrer humble face au message que nous lisons, car soit il nous rappelle notre passe et la personne que nous avons été dans. Soit il nous rappelle que le périple n’est pas achevé et que nous avons encore de la route devant nous. Il y a une humilité à avoir lorsque nous ouvrons le Coran, car le message est là pour nous interpeller et pour que nous nous réformions. Alors quand bien même nous l’ayons ouvert pour l’apprendre, gardons à l’esprit qu’au-delà d’être des mots (forme) ces pages sont constitués d’abord de messages (fond) que nous devons assimiler et mettre en application.

Vis-à-vis d’autrui

Je vais vous dire une chose simple; si notre savoir, notre science ne nous rend pas plus humble, il y a déjà en soit un problème mais si (pire) nous nous enorgueillissons par une chose qui ne nous appartient pas, et que nous n’aurions jamais obtenu sans la grâce d’Allah (swt) et bien il y a là, un véritable problème de fond. Je vais vous raconter une histoire que j’ai vécu, et un fait auquel j’ai assisté, il y a quelques années de cela…

Pendant la saison estivale, nous avons l’habitude avec les frères de nous donner rendez-vous entre Asr et Maghreb sur un terrain de foot près de chez nous pour jouer (je sais ce que vous êtes en train de vous dire, il est relou celui avec son foot… C’est pas de ma faute c’est vraiment comme ça que cela s’est passé!). Un soir en particulier il y avait parmi nous un frère (que l’on va appeler Farouk) qui a grandit avec nous mais qui ne vit plus dans notre région, qui était présent pour rendre visite à sa famille et qui est connu par la communauté. En plus d’être connu par la communauté, il est reconnu pour être quelqu’un de juste et qui, surtout dans le cadre du foot, ne triche pas. De ce fait, il lui a été demandé de prendre le temps pour chronométrer le match qui devait durer 8 minutes sur la règle du « gagnant reste sur table » pour qu’une autre équipe reprenne la place de l’équipe qui a perdu son match. Au bout du temps réglementaire, il a lancé le coup de sifflet final. À ce moment-là un frère (que l’on va appeler Karim) – qui était nouveau dans la communauté spinalienne au point où moi-même je ne l’avais vu que quelques fois – est rentré dans une colère monstre car il n’avait pas accepté la défaite prétextant que c’était impossible que les 8 minutes se soient écoulés.

C’est alors que Farouk lui répondit : Tu as raison, je n’ai pas laissé 8 minutes, j’en ai laissé 9.

Malgré cela, Karim refusa de sortir du terrain.

C’est alors que Farouk adressa un rappel à Karim en lui disant : taqillahi akhi sois pas partisan de le fitna et sors du terrain.

À ce rappel Karim s’enerva davantage et répondit : Pour qui tu te prends? Qu’est-ce tu connais de la fitna toi?

Farouk répondit : je ne connais rien de la fitna, tout ce que j’en sais c’est que Al Fitnatou achaddou min al qatl (Extrait de sourate al baqara, où il est dit que la fitna est pire que le meurtre..)

Bref des frères finirent par les calmer et le jeu a pu reprendre. Mais l’histoire n’est pas fini. Le lendemain, je suis parti à la prière du Fajr à la mosquée, et en rentrant j’y vois Farouk, Karim et d’autres frères qui étaient avec nous la veille. Au moment d’accomplir la salât, Karim se lève et demande au Muezzin de lancer Al Iqama (le petit appel à la prière) et fini par diriger celle-ci. Karim après avoir récité la Fatiha, récite des versets issus de sourate Al Baqara… SubhanAllah, il n’est pas parvenu à achever un verset qu’il aurait souhaité récité sans que Farouk ne le corrige.

Les noms sont totalement fictifs, c’est uniquement pour que vous puissiez suivre la story… Mais l’enseignement est là, ce n’est pas parce que nous connaissons le Coran que nous devons nous croire meilleur qu’un autre… Car l’apprentissage permet de s’assurer de la forme de notre acte, qu’en est-il du fond et de notre intention surtout?

Vis-à-vis d’Allah et du bienfait qu’Il nous a octroyé

SubhanAllah, ce verset et sa méditation devrait nous suffire à saisir l’importance du poids que nous portons en ouvrant le Coran, tant on ne se rend pas compte de la portée de ce geste. Vous vous demandez quelle est la différence entre ce type d’humilité et le premier qui est une humilité inhérente au message? Et bien si le premier est porté sur le message du Coran, celui-ci à avoir avec Celui qui parle à travers le Coran. Pour vous donner un exemple, c’est comme lorsque vous êtes au lycée et que vous êtes convoqué chez la CPE ou le proviseur, vous pouvez n’avoir rien à vous reprocher mais le simple fait de savoir que vous allez être face à une autorité suffit à faire monter la pression du moment. Et lorsque celui-ci vous parle, vous êtes sur vos gardes et attentif à ce qu’il vous dit. Tout comme vous faites profil bas, vous ne parlez pas tant qu’il ne vous a pas donné la parole, et même si vous parlez vous limitez vos propos, vous parlez avec une voix plus douce, vous ne détournez pas votre regard, vous vous tenez bien… Et bien quand nous lisons le Coran, n’oublions jamais que c’est Allah qui nous parle, alors faisons profil bas de sucroit. Et lorsque nous l’apprenons, faisons preuve d’humilité en manifestant notre reconnaissance pour le bienfait qu’Allah nous octroie à travers cet acte des plus nobles. Si les montagnes peuvent se fendre si le Coran leur était descendu, dans quel état doivent être nos coeurs si nous le recevons?

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