Tu hésites face à une décision importante et tu souhaites demander à Allah de te guider ?
La Salat Istikhara, également appelée prière de consultation, est une prière par laquelle le musulman demande à Allah de le guider vers ce qui est un bien pour lui et de l’en détourner si cela lui est nuisible.
Le Prophète ﷺ enseignait à ses Compagnons à accomplir cette prière lorsqu’ils étaient confrontés à une décision. Elle s’accompagne d’une invocation particulière dans laquelle le croyant demande à Allah de choisir pour lui ce qui est meilleur.
Dans ce guide, tu découvriras comment faire la Salat Istikhara étape par étape, ainsi que la dou’a de l’Istikhara en arabe, en phonétique et sa traduction française.
Nous verrons également quand accomplir cette prière, pour quelles décisions elle est appropriée et comment comprendre sa finalité.
Sommaire
- Qu’est-ce que la Salat Istikhara ?
- Comment faire la Salat Istikhara ?
- Quelles sourates réciter dans les deux rak‘ahs de l’Istikhara ?
- Doua de la Salat Istikhara en arabe
- Doua de la Salat Istikhara en phonétique
- Traduction française de la doua de la Salat Istikhara
- Quand faire la Salat Istikhara ?
- Faut-il attendre un rêve ou un signe après l’Istikhara ?
- Que faire après avoir accompli l’Istikhara ?
- Peut-on refaire la Salat Istikhara ?
- Comprendre profondément la Salat Istikhara
- FAQ — Salat Istikhara
- Références religieuses
Qu’est-ce que la Salat Istikhara ?
La Salat Istikhara, ou prière de consultation, est une prière par laquelle le musulman demande à Allah de le guider lorsqu’il hésite concernant une affaire.
Le terme Istikhara vient de la racine arabe associée à la recherche du bien : il s’agit de demander à Allah de choisir pour soi ce qui est meilleur, en reconnaissant que Lui seul connaît parfaitement ce qui nous est bénéfique ou nuisible.
Cette pratique a été enseignée par le Prophète ﷺ à ses Compagnons. Jabir ibn Abdillah رضي الله عنه rapporte que le Prophète ﷺ leur enseignait l’Istikhara pour les différentes affaires, de la même manière qu’il leur enseignait une sourate du Coran.
La Salat Istikhara associe ainsi la prière et l’invocation : le croyant accomplit deux unités de prière, puis invoque Allah en Lui demandant, par Sa science et Sa puissance, de lui faciliter ce qui est un bien pour lui et de l’en détourner si cela lui est nuisible.
La Salat Istikhara ne consiste pas à chercher à connaître l’avenir. Elle traduit plutôt une attitude de confiance en Allah, de recours à Lui et de reconnaissance de nos propres limites face aux décisions que nous devons prendre.
Comment faire la Salat Istikhara ?
La Salat Istikhara est une prière surérogatoire accomplie lorsqu’une personne hésite au sujet d’une affaire et souhaite demander à Allah de la guider vers ce qui est meilleur pour elle.
Le Prophète ﷺ enseignait à ses Compagnons l’Istikhara et leur indiquait d’accomplir deux rak‘ahs de prière non obligatoire, puis de réciter l’invocation de l’Istikhara en mentionnant l’affaire concernée. Ce récit est rapporté par Jabir ibn Abdillah رضي الله عنه dans Sahih al-Bukhari.

Accomplir deux rak‘ahs de prière surérogatoire
Commence par accomplir deux rak‘ahs de prière surérogatoire, distinctes d’une prière obligatoire. Il s’agit d’une prière comme les autres prières surérogatoires : tu accomplis les deux unités de prière normalement, avec leurs différentes étapes.
Réciter l’invocation de l’Istikhara
Une fois les deux rak‘ahs accomplies, récite la doua de l’Istikhara enseignée par le Prophète ﷺ. Dans cette invocation, tu demandes à Allah, par Sa science et Sa puissance, de choisir pour toi ce qui est un bien et de détourner de toi ce qui serait nuisible.
Mentionner l’affaire pour laquelle tu demandes conseil
Au moment correspondant dans l’invocation, tu mentionnes clairement l’affaire pour laquelle tu demandes l’Istikhara. Il peut s’agir, par exemple, d’un projet, d’un mariage, d’un voyage ou d’une autre décision concernant laquelle tu hésites. Le hadith de Jabir précise que la personne mentionne son besoin dans l’invocation.
Deux rak‘ahs → invocation de l’Istikhara → mention de l’affaire concernée.
Voilà le cœur de la démarche telle qu’elle est rapportée dans le hadith de Jabir رضي الله عنه.
Quelles sourates réciter dans les deux rak‘ahs de l’Istikhara ?
Il n’existe pas, dans le hadith authentique qui rapporte la prière de l’Istikhara, de recommandation prophétique imposant spécifiquement la récitation de Sourate Al-Kafiroun dans la première rak‘ah et de Sourate Al-Ikhlas dans la seconde. Le hadith de Jabir رضي الله عنه indique simplement d’accomplir deux rak‘ahs de prière non obligatoire avant de prononcer l’invocation de l’Istikhara.
Cela étant, la récitation de Sourate Al-Kafiroun dans la première rak‘ah et de Sourate Al-Ikhlas dans la seconde est rapportée de manière authentique dans d’autres prières surérogatoires de deux rak‘ahs. Le Prophète ﷺ les récitait notamment dans les deux rak‘ahs surérogatoires avant la prière du Fajr.
Cette association est également rapportée dans les deux rak‘ahs accomplies après le Tawaf.
C’est sur la base de cette pratique prophétique générale que certains savants ont considéré comme préférable de réciter ces deux sourates dans la prière de l’Istikhara. Il s’agit donc d’une préférence recommandée, et non d’une condition de validité de l’Istikhara.
Pourquoi ces deux sourates sont-elles particulièrement adaptées ?
Au-delà de cette considération juridique, leur contenu présente une cohérence spirituelle avec la démarche de l’Istikhara.
Sourate Al-Kafiroun affirme le désaveu du polythéisme et l’exclusivité du culte rendu à Allah. Elle rappelle ainsi au croyant que son adoration et son engagement doivent être exclusivement dirigés vers Allah.
Sourate Al-Ikhlas, quant à elle, affirme l’unicité absolue d’Allah et Sa perfection. Elle rappelle au croyant qu’Allah est Celui dont la science et la puissance sont parfaites, tandis que la connaissance et les capacités de l’être humain sont limitées.
Cette dimension rejoint profondément le sens de l’Istikhara : le croyant reconnaît qu’il ne connaît pas ce qui lui est réellement bénéfique et qu’Allah, Lui, connaît parfaitement l’invisible. C’est précisément ce que l’invocation de l’Istikhara exprime lorsqu’elle demande à Allah de choisir, de faciliter et de bénir ce qui constitue un bien pour le croyant, et d’en détourner ce qui lui serait nuisible.
Réciter Al-Kafiroun puis Al-Ikhlas est une manière recommandée d’accomplir ces deux rak‘ahs selon l’avis de savants qui ont privilégié cette récitation. Mais ce choix n’est pas une obligation propre à la Salat Al-Istikhara.
Tu peux donc accomplir les deux rak‘ahs avec d’autres sourates : l’Istikhara reste valide, puisque le hadith authentique ne conditionne pas la prière à la récitation de ces deux sourates.
Doua de la Salat Istikhara en arabe
Voici l’invocation de l’Istikhara enseignée par le Prophète ﷺ et rapportée par Jabir ibn Abdillah رضي الله عنه dans Sahih al-Bukhari :

اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْتَخِيرُكَ بِعِلْمِكَ، وَأَسْتَقْدِرُكَ بِقُدْرَتِكَ، وَأَسْأَلُكَ مِنْ فَضْلِكَ الْعَظِيمِ، فَإِنَّكَ تَقْدِرُ وَلَا أَقْدِرُ، وَتَعْلَمُ وَلَا أَعْلَمُ، وَأَنْتَ عَلَّامُ الْغُيُوبِ.
اللَّهُمَّ إِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الْأَمْرَ خَيْرٌ لِي فِي دِينِي وَمَعَاشِي وَعَاقِبَةِ أَمْرِي، فَاقْدُرْهُ لِي، وَإِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ أَنَّ هَذَا الْأَمْرَ شَرٌّ لِي فِي دِينِي وَمَعَاشِي وَعَاقِبَةِ أَمْرِي، فَاصْرِفْهُ عَنِّي وَاصْرِفْنِي عَنْهُ، وَاقْدُرْ لِيَ الْخَيْرَ حَيْثُ كَانَ، ثُمَّ رَضِّنِي بِهِ.
Le hadith précise ensuite que la personne mentionne son besoin, c’est-à-dire l’affaire pour laquelle elle accomplit l’Istikhara.
Une autre formulation authentiquement rapportée
Une autre transmission rapportée dans Sahih al-Bukhari contient une formulation légèrement différente : après « décrète-la pour moi », elle ajoute :
وَيَسِّرْهُ لِي ثُمَّ بَارِكْ لِي فِيهِ
C’est-à-dire : « facilite-la-moi puis bénis-la pour moi ».
Cette formulation est rapportée dans Sahih al-Bukhari 1166. Dans cet article, la formulation principale de la doua est celle rapportée dans Sahih al-Bukhari 6382.
Doua de la Salat Istikhara en phonétique
Si tu ne lis pas encore l’arabe, cette transcription phonétique peut t’aider à prononcer la doua de l’Istikhara.
Garde toutefois à l’esprit qu’une transcription en lettres latines ne peut pas reproduire parfaitement tous les sons de la langue arabe. Elle constitue donc une aide à la lecture, mais ne remplace pas l’apprentissage progressif de la prononciation arabe.
La doua
Allahoumma innî astakhîrouka bi-‘ilmika, wa astaqdirouka bi-qoudratika, wa as’alouka min fadlika-l-‘azîm. Fa-innaka taqdirou wa lâ aqdirou, wa ta‘lamou wa lâ a‘lamou, wa anta ‘allâmou-l-ghouyoub.
Allahoumma in kounta ta‘lamou anna hâdhâ-l-amra khayroun lî fî dînî, wa ma‘âchî, wa ‘âqibati amrî, faqdirhou lî. Wa in kounta ta‘lamou anna hâdhâ-l-amra charroun lî fî dînî, wa ma‘âchî, wa ‘âqibati amrî, fasrifhou ‘annî wasrifnî ‘anhou, waqdir liya-l-khayra haythou kâna, thoumma raddinî bih.
Comment utiliser cette phonétique ?
Si tu débutes, tu peux apprendre l’invocation progressivement, phrase par phrase, plutôt que de chercher à la mémoriser entièrement immédiatement.
L’objectif n’est pas de rester indéfiniment dépendant de la transcription, mais de pouvoir progressivement réciter la doua directement en arabe.
Nous avons préparé un atelier entièrement gratuit consacré aux bases de la grammaire arabe appliquée au Quran, sous la forme d’une série de 4 leçons.
Découvrir gratuitement l’atelier « Le B à ب de la grammaire arabe appliquée au Quran » →
Traduction française de la doua de la Salat Istikhara
Ô Allah ! Je Te demande de choisir pour moi par Ta science, et je Te demande de m’accorder la capacité par Ta puissance. Je Te demande de Ton immense grâce. Car Tu es capable et je ne le suis pas ; Tu sais et je ne sais pas ; et Tu es le Grand Connaisseur de l’invisible.
Ô Allah ! Si Tu sais que cette affaire est un bien pour moi dans ma religion, ma vie présente et l’issue de mon affaire, alors décrète-la pour moi. Et si Tu sais que cette affaire est un mal pour moi dans ma religion, ma vie présente et l’issue de mon affaire, alors détourne-la de moi et détourne-moi d’elle. Et décrète pour moi le bien où qu’il se trouve, puis rends-m’en satisfait.
Cette traduction suit principalement la formulation rapportée dans Sahih al-Bukhari 6382. Une autre transmission authentique, rapportée dans Sahih al-Bukhari 1166, ajoute notamment la demande de faciliter l’affaire et de la bénir lorsqu’elle constitue un bien.
Quand faire la Salat Istikhara ?
La Salat Istikhara est accomplie lorsqu’une personne hésite concernant une affaire et souhaite demander à Allah de la guider vers ce qui est meilleur pour elle.
Le Prophète ﷺ a enseigné l’Istikhara à ses Compagnons pour leurs affaires, en leur indiquant d’accomplir deux rak‘ahs de prière non obligatoire puis de prononcer l’invocation de l’Istikhara. Le hadith de Jabir رضي الله عنه est rapporté dans Sahih al-Bukhari.
Dans quelles situations faire l’Istikhara ?
L’Istikhara concerne principalement les affaires dans lesquelles plusieurs possibilités sont permises et où l’on hésite sur le choix à faire.
Elle peut notamment concerner une décision liée à un mariage, un voyage, un projet, un choix professionnel, un lieu où s’installer ou toute autre affaire permise pour laquelle plusieurs options se présentent.
Elle peut également être accomplie lorsqu’il faut choisir entre plusieurs possibilités dans une affaire recommandée : par exemple, lorsqu’on hésite entre deux options qui sont toutes deux bonnes et qu’il faut déterminer laquelle privilégier.
L’Istikhara ne remplace pas la réflexion
Faire l’Istikhara ne signifie pas abandonner la réflexion, la recherche d’informations ou la consultation de personnes compétentes.
Avant de prendre une décision, il est utile d’examiner les éléments disponibles, de peser les avantages et les inconvénients et, lorsque cela est pertinent, de demander conseil à des personnes de confiance et compétentes.
L’Istikhara vient accompagner cette démarche : le croyant utilise les moyens dont il dispose, puis demande à Allah de le guider vers ce qui constitue réellement un bien pour lui.
Réfléchir → se renseigner → consulter → faire l’Istikhara → avancer.
L’Istikhara n’est donc pas une manière de contourner les causes et les moyens. Elle permet de remettre son affaire à Allah tout en faisant ce qui est humainement nécessaire.
Peut-on faire l’Istikhara pour une obligation ou une interdiction ?
L’Istikhara n’a pas pour fonction de déterminer s’il faut accomplir une obligation ou commettre une interdiction.
Par exemple, lorsqu’une action est clairement obligatoire, il n’y a pas à demander par l’Istikhara s’il faut l’accomplir ou non. De même, lorsqu’une chose est clairement interdite, on ne fait pas l’Istikhara pour déterminer s’il faudrait la faire.
La question de l’Istikhara se pose plutôt lorsqu’il existe un choix réel entre plusieurs possibilités permises, ou lorsqu’il faut déterminer laquelle de plusieurs options recommandées doit être privilégiée.
À quel moment de la journée faire l’Istikhara ?
Le hadith de Jabir décrit les deux rak‘ahs puis l’invocation, mais ne fixe pas une heure particulière de la journée. En pratique, on accomplit donc l’Istikhara lorsqu’on en a besoin, tout en tenant compte des règles générales concernant les horaires pendant lesquels les prières surérogatoires sont déconseillées ou interdites.
Si la décision peut attendre, il est préférable de choisir un moment où la prière surérogatoire est permise. Des avis juridiques existent toutefois concernant les situations urgentes qui ne peuvent pas être différées.
Il n’est donc pas nécessaire d’attendre systématiquement la nuit pour accomplir l’Istikhara.
Faut-il attendre un rêve ou un signe après l’Istikhara ?
Une idée très répandue consiste à penser qu’après avoir accompli la Salat Istikhara, il faudrait nécessairement faire un rêve, ressentir une sensation particulière ou recevoir un signe extraordinaire pour savoir quelle décision prendre.
Ce n’est pas ce que nous enseigne le hadith de Jabir رضي الله عنه.
Le Prophète ﷺ y enseigne les deux rak‘ahs et l’invocation de l’Istikhara. Une autre transmission authentique, rapportée dans Sahih al-Bukhari 1166, contient notamment la demande qu’Allah facilite et bénisse l’affaire lorsqu’elle constitue un bien.

❌ Ce que l’Istikhara n’est pas
- Une technique pour connaître l’avenir.
- L’obligation de faire un rêve.
- La recherche d’un signe extraordinaire.
- L’interprétation de chaque événement.
- Une réponse nécessairement immédiate.
- Une façon d’éviter de réfléchir ou de se renseigner.
✓ Ce que tu peux observer
- Une plus grande sérénité.
- Une facilitation dans une direction.
- Un apaisement du cœur.
- L’évolution concrète des circonstances.
- Une ouverture ou une fermeture de certaines portes.
- La manière dont l’affaire évolue avec le temps.
Faut-il forcément faire un rêve après l’Istikhara ?
Non.
Il n’existe pas, dans le hadith authentique de l’Istikhara, de condition demandant au croyant d’attendre un rêve pour connaître la réponse.
Un rêve peut survenir après une Istikhara, mais il ne constitue pas une condition nécessaire pour que l’Istikhara ait produit son effet. Des savants ont également mis en garde contre l’idée selon laquelle il faudrait obligatoirement recevoir une réponse par le biais d’un rêve.
Alors comment savoir vers quoi se diriger ?
C’est ici que le sens même de l’invocation devient essentiel.
Le croyant demande à Allah que, si l’affaire est un bien pour lui, elle soit décrétée pour lui, et, dans l’une des formulations authentiques de l’invocation, qu’elle lui soit facilitée et bénie. Il demande également que, si elle constitue un mal, Allah la détourne de lui et le détourne d’elle.
Ainsi, lorsqu’une affaire est facilitée après l’Istikhara et qu’elle demeure un bien en elle-même, certains savants considèrent cette facilitation comme une indication favorable.
À l’inverse, lorsque l’affaire se complique, que des obstacles apparaissent et qu’elle est finalement détournée du croyant, cela peut être compris comme une indication qu’Allah l’en détourne parce qu’il n’y avait pas de bien pour lui dans cette affaire. C’est notamment l’avis présenté par certains savants contemporains.
Faut-il alors interpréter chaque difficulté comme un signe ?
Non.
Il faut distinguer un simple contretemps d’un véritable changement dans le déroulement de l’affaire.
Une difficulté ponctuelle ne signifie pas nécessairement que l’affaire est mauvaise. De même, le fait qu’une chose soit momentanément facile ne signifie pas automatiquement qu’elle est bonne.
Ce que l’on observe après l’Istikhara doit être considéré dans son ensemble, en tenant compte des circonstances, des causes réelles et de la nature de l’affaire.
L’Istikhara ne consiste donc pas à chercher frénétiquement des signes cachés dans chaque événement.
Et le ressenti du cœur ?
Il existe également des avis de savants concernant l’ouverture ou l’inclination du cœur après l’Istikhara.
Cependant, certains hadiths utilisés pour établir une règle selon laquelle il faudrait simplement « suivre ce que son cœur ressent » ont été jugés faibles par des spécialistes du hadith.
Il est donc préférable de ne pas transformer une sensation momentanée en certitude.
Le croyant accomplit l’Istikhara, examine son affaire, prend les moyens nécessaires, consulte lorsque cela est pertinent, puis observe comment Allah lui facilite ou lui détourne l’affaire.
Pas besoin d’attendre un rêve.
Si, après avoir demandé à Allah de choisir pour toi, l’affaire est facilitée, que les circonstances sont favorables et que l’affaire elle-même est un bien, tu peux avancer avec confiance en Allah.
Si, au contraire, l’affaire est détournée, devient réellement difficile à mener à bien et que les obstacles conduisent à son abandon, cela peut être compris comme une indication qu’Allah t’en détourne.
Dans les deux cas, le croyant place sa confiance en Allah et accepte ce qu’Il décrète pour lui.
Que faire après avoir accompli l’Istikhara ?
Après avoir accompli les deux rak‘ahs et récité la doua de l’Istikhara, le croyant ne reste pas dans l’attente d’un rêve.
Il poursuit sa démarche en utilisant les moyens qu’Allah lui a donnés : il réfléchit, se renseigne, examine les différentes possibilités et consulte les personnes compétentes lorsque cela est nécessaire.
L’Istikhara ne remplace donc pas la raison ni la consultation. Elle les accompagne. Des savants ont notamment expliqué que l’usage de la raison, l’étude des options et l’Istikhara sont complémentaires.
Si l’affaire est facilitée
Si, après l’Istikhara, l’affaire est facilitée et qu’elle constitue réellement un bien, tu peux avancer.
La facilité de l’affaire est considérée par certains savants comme une indication favorable, en cohérence avec la demande formulée dans l’une des transmissions authentiques de la doua : demander à Allah de décréter l’affaire, de la faciliter et de la bénir.
Il ne s’agit pas pour autant de prétendre connaître l’invisible. Le croyant agit avec confiance en Allah, après avoir pris les moyens appropriés.
Si l’affaire devient difficile ou est détournée
À l’inverse, si l’affaire se complique réellement, que les obstacles se multiplient et qu’elle finit par être détournée de toi, certains savants considèrent cela comme une indication qu’Allah t’en détourne parce qu’il n’y avait pas de bien pour toi dans cette affaire.
La formulation de la doua correspond précisément à cette demande : si cette affaire est un mal pour moi, alors détourne-la de moi et détourne-moi d’elle.
Le croyant peut donc accepter que la fermeture d’une porte fasse elle-même partie de la réponse à son Istikhara.
Mais attention aux simples contretemps
Cela ne signifie pas qu’au premier obstacle rencontré, il faut immédiatement abandonner son projet.
Une difficulté ponctuelle peut simplement faire partie du chemin.
Il faut regarder l’ensemble de la situation : la nature de l’affaire, les informations disponibles, les conseils reçus, les circonstances et la manière dont les choses évoluent.
L’Istikhara n’est pas une méthode permettant de transformer chaque événement en message codé.
Et si je reste encore hésitant ?
Si, malgré l’Istikhara, la situation reste incertaine, tu peux continuer à te renseigner et à consulter des personnes compétentes.
Il est également possible de refaire l’Istikhara lorsque l’affaire n’est toujours pas claire. Des avis de juristes permettent en effet de répéter l’Istikhara lorsqu’une personne demeure hésitante.
L’objectif reste le même : demander à Allah de choisir pour toi ce qui est meilleur, puis accepter avec confiance ce qu’Il facilite ou ce dont Il te détourne.
Peut-on refaire la Salat Istikhara ?
Oui, il est permis de refaire la Salat Istikhara lorsque l’affaire reste incertaine et que tu n’arrives pas à déterminer clairement quelle décision prendre.
Le hadith de Jabir رضي الله عنه qui rapporte l’enseignement de l’Istikhara ne fixe pas de nombre précis de fois où cette prière doit être accomplie.
Quand peut-on refaire l’Istikhara ?
Si, après avoir accompli l’Istikhara, tu restes véritablement hésitant, tu peux répéter la prière et l’invocation, tout en continuant à réfléchir à l’affaire et à consulter les personnes compétentes lorsque cela est nécessaire.
Des savants ont explicitement considéré que la répétition de l’Istikhara était permise lorsque la situation n’était toujours pas claire. Certains l’ont même considérée comme recommandée dans ce contexte.
L’objectif n’est toutefois pas de répéter indéfiniment la prière par peur de prendre une décision. L’Istikhara est une manière de remettre son affaire à Allah après avoir pris les moyens nécessaires.
Et si je reste encore indécis après plusieurs Istikhara ?
Réfléchis → renseigne-toi → consulte → prends les moyens → puis avance.
Ne cherche pas nécessairement à obtenir un signe extraordinaire ou un rêve.
L’Istikhara consiste à demander à Allah de choisir pour toi ce qui est meilleur. Si, après avoir pris les moyens nécessaires, une possibilité se facilite et demeure bonne en elle-même, tu peux avancer en plaçant ta confiance en Allah. Si une affaire est réellement détournée et que les obstacles conduisent finalement à son abandon, tu peux accepter que cette fermeture fasse partie du bien qu’Allah a choisi pour toi.
Comprendre profondément la Salat Istikhara

La Salat Istikhara n’est pas simplement une prière que l’on accomplit avant de prendre une décision. Elle exprime une attitude profonde du croyant face à ce qu’il ne connaît pas.
Lorsque tu fais l’Istikhara, tu reconnais trois choses essentielles :
Allah peut, tu ne peux pas.
Allah choisit, et tu acceptes Son choix.
C’est précisément ce que l’on retrouve dans l’invocation :
« Tu es capable et je ne le suis pas ; Tu sais et je ne sais pas ; et Tu es le Grand Connaisseur de l’invisible. »
« Tu sais et je ne sais pas »
Nous avons tendance à prendre nos décisions à partir de ce que nous pouvons voir : une opportunité, une personne, un salaire, un projet, une situation qui semble favorable ou défavorable.
Mais notre connaissance reste limitée. Nous ignorons ce qui se produira demain, les conséquences à long terme d’une décision et les réalités que nous ne pouvons pas encore percevoir.
Lorsque tu prononces la doua de l’Istikhara, tu reconnais précisément cette limite.
Tu ne demandes pas à Allah de confirmer ton choix. Tu Lui demandes de choisir pour toi ce qui est réellement un bien.
« Tu es capable et je ne le suis pas »
La doua rappelle également que la puissance d’Allah dépasse largement nos propres capacités.
Nous pouvons planifier, travailler, rechercher et prendre les causes. Mais nous ne contrôlons pas tous les événements qui vont influencer notre avenir.
L’Istikhara nous apprend donc à prendre les moyens sans croire que nous maîtrisons le résultat.
L’Istikhara et le fait d’accepter le décret d’Allah
Il y a une dimension particulièrement belle dans l’invocation : le croyant demande à Allah de lui accorder le bien, où qu’il se trouve, puis de le rendre satisfait de ce bien.
Cela signifie que l’objectif de l’Istikhara n’est pas simplement d’obtenir ce que nous voulons.
L’objectif est de demander à Allah de nous orienter vers ce qui est réellement bon pour nous, même si ce choix ne correspond pas à notre désir initial.
Et c’est peut-être l’une des plus grandes leçons de l’Istikhara : apprendre à faire confiance à Allah lorsque notre propre vision est limitée.
🕌 Et si tu redonnais du sens à ta prière ?
Comprendre la Salat Istikhara, c’est aussi découvrir une autre manière de vivre sa relation à Allah à travers la prière.
Mais pour beaucoup d’entre nous, certaines paroles que nous prononçons chaque jour sont devenues familières sans que nous en percevions toujours toute la profondeur.
C’est justement l’objectif de notre programme Redonne du sens à ta prière : t’aider à comprendre ce que tu récites et à retrouver davantage de conscience, de présence et de sens dans ta prière.
📖 Pour aller plus loin sur la Salat Istikhara
Si tu souhaites approfondir le sujet de la prière de consultation (Salat Al-Istikhara), tu peux également découvrir cet ouvrage consacré spécifiquement à l’Istikhara :
La prière de consultation (Salat Al-Istikhara)
Dr Asim Ibn Abdillah Al-Qaryuti — Dar Al-Muslim
FAQ — Salat Istikhara
Comment faire la Salat Istikhara ?
Pour accomplir la Salat Istikhara, commence par prier deux rak‘ahs de prière surérogatoire. Après ces deux unités de prière, récite la doua de l’Istikhara enseignée par le Prophète ﷺ et mentionne l’affaire pour laquelle tu demandes à Allah de te guider.
Tu peux ensuite prendre les moyens nécessaires : réfléchir, te renseigner, consulter et avancer dans la direction qui se facilite.
Quelle est la doua de l’Istikhara ?
La doua de l’Istikhara commence par :
اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْتَخِيرُكَ بِعِلْمِكَ، وَأَسْتَقْدِرُكَ بِقُدْرَتِكَ، وَأَسْأَلُكَ مِنْ فَضْلِكَ الْعَظِيمِ…
Elle est rapportée de Jabir ibn Abdillah رضي الله عنه dans Sahih al-Bukhari.
La version complète en arabe, en phonétique et sa traduction française sont présentées plus haut dans cet article.
Peut-on faire la Salat Istikhara en français ?
La doua de l’Istikhara enseignée par le Prophète ﷺ est une invocation en arabe.
Si tu ne maîtrises pas encore suffisamment l’arabe pour la mémoriser, la transcription phonétique peut t’aider à l’apprendre progressivement.
La version complète en arabe, en phonétique et sa traduction française sont présentées plus haut dans cet article.
Quelle sourate réciter pour la Salat Istikhara ?
Le hadith authentique qui rapporte la Salat Istikhara ne prescrit pas de sourate particulière.
Il est toutefois rapporté que le Prophète ﷺ récitait Sourate Al-Kafiroun puis Sourate Al-Ikhlas dans les deux rak‘ahs surérogatoires du Fajr. C’est pourquoi certains savants ont recommandé cette récitation pour l’Istikhara.
Elle n’est cependant pas une condition de validité de la prière.
Quand faire la prière de consultation ?
Tu peux accomplir la Salat Istikhara lorsque tu hésites concernant une affaire et que tu souhaites demander à Allah de te guider vers ce qui est meilleur.
Elle peut notamment concerner un mariage, un voyage, un projet professionnel, un déménagement ou un autre choix entre plusieurs possibilités permises.
Il n’est pas nécessaire d’attendre la nuit pour l’accomplir. Il faut simplement tenir compte des règles générales relatives aux moments où les prières surérogatoires sont accomplies.
Faut-il faire un rêve après la Salat Istikhara ?
Non.
Le hadith de l’Istikhara ne demande pas au croyant d’attendre un rêve pour connaître la réponse.
L’Istikhara ne repose donc pas sur la recherche d’un rêve ou d’un signe extraordinaire. Le croyant prend les moyens nécessaires, puis observe comment l’affaire évolue et demande à Allah de faciliter ce qui constitue un bien pour lui.
Comment savoir si l’Istikhara est positive ?
L’Istikhara n’a pas pour objectif de produire nécessairement une sensation particulière ou un rêve.
Lorsque, après l’Istikhara, une affaire est facilitée et qu’elle constitue réellement un bien, certains savants considèrent cette facilitation comme une indication favorable.
À l’inverse, lorsqu’une affaire est réellement détournée et que les obstacles conduisent finalement à son abandon, cela peut être compris comme une indication qu’Allah en détourne le croyant.
Il ne faut toutefois pas interpréter chaque petit contretemps comme un signe.
Peut-on refaire la Salat Istikhara ?
Oui. Si tu demeures réellement hésitant après une première Istikhara, tu peux refaire la prière et l’invocation.
Tu peux également continuer à te renseigner et à consulter des personnes compétentes avant de prendre ta décision.
L’objectif reste de demander à Allah de choisir pour toi ce qui est meilleur, puis d’accepter ce qu’Il facilite ou ce dont Il te détourne.
Peut-on faire Istikhara pour quelqu’un d’autre ?
La Salat Istikhara est une prière par laquelle la personne demande elle-même à Allah de choisir pour elle dans une affaire qui la concerne.
Le hadith de Jabir رضي الله عنه décrit précisément cette démarche : la personne accomplit les deux rak‘ahs puis invoque Allah concernant son propre besoin.
Si quelqu’un te demande conseil concernant une décision, tu peux donc lui conseiller de faire lui-même l’Istikhara, tout en lui apportant ton conseil si tu disposes des connaissances nécessaires.
Références religieuses
Les principaux éléments présentés dans cet article s’appuient sur les sources suivantes :
Le hadith de Jabir ibn Abdillah رضي الله عنه
La référence principale concernant la Salat Istikhara est le hadith rapporté par Jabir ibn Abdillah رضي الله عنه dans Sahih al-Bukhari.
Le Prophète ﷺ y enseigne aux Compagnons l’Istikhara et indique d’accomplir deux rak‘ahs de prière non obligatoire, puis de réciter l’invocation de l’Istikhara et de mentionner son besoin.
Référence : Sahih al-Bukhari, hadith n° 6382.
Une autre version du hadith
Une autre transmission du même enseignement est rapportée dans Sahih al-Bukhari 1166, avec notamment la formulation demandant à Allah de décréter l’affaire, de la faciliter et de la bénir lorsqu’elle constitue un bien.
Ces différentes formulations rapportées dans les sources permettent notamment de comprendre pourquoi certaines traductions ou transcriptions de la doua peuvent présenter de légères différences de formulation.
Les deux rak‘ahs surérogatoires
Le hadith de l’Istikhara précise que les deux rak‘ahs sont accomplies en dehors d’une prière obligatoire.
La récitation de Sourate Al-Kafiroun puis de Sourate Al-Ikhlas n’est pas imposée par le hadith de l’Istikhara. Cette récitation est toutefois rapportée dans les deux rak‘ahs surérogatoires du Fajr.
La référence fondamentale pour comprendre la Salat Istikhara reste donc le hadith de Jabir ibn Abdillah رضي الله عنه, rapporté notamment dans Sahih al-Bukhari.
L’Istikhara doit être comprise à partir de ce que le Prophète ﷺ a effectivement enseigné : deux rak‘ahs, l’invocation de l’Istikhara et la mention de l’affaire concernée, puis une démarche fondée sur la confiance en Allah et la prise des moyens nécessaires.




